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La plupart des visiteurs qui arrivent à Athènes filent directement vers l’Acropole, cochent la case, et repartent deux jours plus tard convaincus d’avoir vu la ville. J’ai fait pareil lors de mon premier passage. C’est en y retournant, plus longtemps, que j’ai découvert des quartiers qui ne figurent dans aucun guide que j’avais consulté avant de partir.
Anafiotika, le petit village au pied de l’Acropole
Peu de visiteurs savent qu’un minuscule quartier aux allures cycladiques se cache juste sous les rochers de l’Acropole, dans Plaka. Anafiotika a été construit au dix-neuvième siècle par des ouvriers venus de l’île d’Anafi pour les travaux du palais royal, et ses maisons blanches, ses escaliers étroits et ses bougainvilliers donnent l’impression d’avoir été téléportée sur une île égéenne en plein cœur d’Athènes. J’y suis montée un matin, par une ruelle presque invisible depuis la rue principale de Plaka, et je n’ai croisé qu’un chat et une habitante qui arrosait ses pots de basilic.
Exarcheia, le quartier qu’on déconseille souvent à tort
Exarcheia a mauvaise réputation dans certains guides, présenté comme un quartier tendu, associé à des mouvements militants. J’y suis allée en plein jour, sans problème particulier, et j’ai découvert un quartier étudiant, couvert de fresques murales impressionnantes, avec des cafés indépendants et des librairies qui n’existent nulle part ailleurs dans le centre. La place principale, animée d’étudiants et de vieux joueurs de tavli, m’a semblé bien plus vivante que les rues touristiques autour de Monastiraki.
On m’avait dit d’éviter Exarcheia. J’y ai passé l’un de mes après-midis les plus agréables à Athènes, un café à la main, sans qu’il ne se passe rien de spécial, justement.
Le Musée de l’Acropole, un détour utile avant la colline
Beaucoup de visiteurs montent directement sur l’Acropole sans passer par le musée situé juste en contrebas. J’ai fait l’inverse lors de mon deuxième séjour, et je pense que c’est le bon ordre : le musée explique, avec ses sculptures originales et son sol de verre laissant voir des fouilles archéologiques sous les pieds, ce que la colline elle-même ne peut plus montrer, les frises érodées par des siècles de pollution et de guerre. Une fois là-haut, sur le Parthénon, j’avais déjà en tête ce à quoi ressemblait le monument dans sa version complète.
Le marché de Varvakios, loin des tavernes pour touristes
Le marché central de Varvakios, entre étals de poisson et de viande, sent fort et n’a rien de touristique. J’y suis allée un samedi matin et j’ai déjeuné debout, au comptoir d’une petite gargote coincée entre deux étals, un bol de patsas, une soupe traditionnelle aux abats, que je n’aurais jamais trouvée dans les restaurants de Plaka orientés vers les visiteurs étrangers. Ce n’est pas un plat pour tout le monde, mais l’expérience, elle, vaut le détour.
Le Pirée, le port qu’on ne fait que traverser
La plupart des voyageurs traversent le Pirée en coup de vent, entre le bateau qui les dépose et le métro qui les emmène vers le centre d’Athènes. J’y ai passé volontairement une demi-journée, autour du petit port de Mikrolimano, bordé de restaurants de poisson où les Athéniens eux-mêmes viennent déjeuner le week-end, loin de l’agitation de la capitale. Les bateaux de pêche amarrés là n’ont rien de spectaculaire, mais l’ambiance, familiale et sans prétention, contraste fortement avec le centre historique saturé de groupes guidés.
Se déplacer dans Athènes, entre métro et marche
Le métro d’Athènes, moderne et propre, surprend souvent les visiteurs qui s’attendaient à une ville plus chaotique. Certaines stations, comme celle de Syntagma, exposent même dans leurs couloirs des vestiges archéologiques découverts pendant leur construction, exposés derrière des vitres comme dans un musée. J’ai pourtant fini par préférer la marche pour relier les quartiers du centre entre eux, tant les distances sont réduites, en réservant le métro aux trajets plus longs vers le Pirée ou vers les quartiers périphériques que je ne connaissais pas encore.
Le musée Benaki, éclipsé par l’Acropole
Le musée Benaki, installé dans un hôtel particulier néoclassique près du jardin national, reste souvent dans l’ombre du musée de l’Acropole auprès des visiteurs pressés. J’y ai passé un après-midi entier, presque seule dans certaines salles consacrées aux costumes traditionnels grecs et aux bijoux byzantins, avec vue sur le jardin depuis les grandes fenêtres du dernier étage. Le café du musée, sur la terrasse, offre en prime l’une des vues les moins connues sur l’Acropole, légèrement en hauteur, loin de la cohue habituelle des points de vue plus célèbres.
Ce que je garderais pour une prochaine visite
Je n’ai toujours pas vu le cap Sounion et son temple de Poséidon au coucher du soleil, souvent cité comme l’une des plus belles excursions depuis Athènes. Ce sera pour la prochaine fois. En revanche, je répéterais sans hésiter la balade dans Anafiotika tôt le matin et le déjeuner improvisé au marché de Varvakios, deux moments qui m’ont donné l’impression de voir une ville différente de celle des cartes postales.
- Monter à Anafiotika tôt le matin, avant que Plaka ne se remplisse
- Visiter le musée de l’Acropole avant de gravir la colline elle-même
- Déjeuner au marché de Varvakios plutôt que dans une taverne de Plaka
Athènes se limite rarement à l’Acropole dans le souvenir qu’on en garde une fois rentré. Ce sont plutôt ces quartiers de côté, découverts presque par hasard, qui restent.


